Franck Magnier, pilote de Dragon 50
vendredi 9 janvier 2026
Il sauve des vies... en hélicoptère - Reportage de France 3 Normandie
Aujourd’hui, nous allons à la rencontre de Franck Magnier. Ancien militaire, il est entré à la Sécurité civile en 2012. Aujourd’hui il est le chef de la base de secours de Bréville-sur-Mer… Pilote Dragon 50, vous allez le voir, il ne reste jamais très longtemps sur terre !
17 /01/2026
"Je décolle comme si c’était quelqu’un de ma famille" : Franck Magnier, sauveteur du ciel
Pilote de Dragon 50, cet ancien militaire a rejoint la Sécurité civile en 2012. Désormais il est le chef de la base de secours de Bréville-sur-Mer. Il assure des astreintes pour intervenir en urgence sur tout le département.
Dans sa combinaison d’aviateur orange pétant, on dirait presque un instructeur à Top Gun. Grand, le regard azur et la démarche affirmée, Franck Magnier est toujours impeccable, ce qui ne l’empêche pas de transpirer l’humanité. L’enfant qui rêvait de voler semble encore vibrer quand il nous raconte son histoire.
Dès l’âge de 4 ans, il embarque avec son grand-père pilote de chasse : “Il me donne le manche. J’ai une sensation extraordinaire dans l’avion qui cabre et depuis ce moment je veux faire pilote”. Pourtant le parcours sera agité… Dès le lycée, on lui assure que c’est impossible en raison de sa taille :“Il faut avoir une longueur de fémur qui correspond à une certaine norme car en cas d’éjection, on laisse les rotules dans le tableau de bord. Là, sans même avoir mesuré, les deux personnes en face de moi m’ont dit que j’étais trop grand”. La déception passée, l’adolescent envisage de devenir océanographe. Par acquit de conscience, il s’inscrit au test pour devenir pilote… et là surprise à un millimètre près ça passe ! Sa carrière se fera bien dans les airs.
"Un boulot magnifique"
Motivé, il fera même partie des trois Français sélectionnés pour être formés aux États-Unis… Le Graal… Mais, au dernier moment, il y a un rebondissement, les règles du jeu ont changé : “Nous étions trois, il n’y avait plus qu’une place. Un des pilotes était plus en avance, c’est lui qui est parti”. Dépité, Franck Magnier doit alors choisir entre pilote d’hélicoptère et pilote de transport. Il opte pour l’hélicoptère sans grande conviction jusqu’à ce qu’un instructeur change le cours de sa vie.
"Il m’a montré que c’était un boulot magnifique, raconte le pilote. Nous n’avons pas du tout la même relation avec la machine. Un avion de chasse, on fait corps avec. Un hélicoptère, c’est beaucoup plus fin, plus sensitif. Il m’a montré tout ce qu’on pouvait faire. Je me suis réorienté, je ne le regrette pas. Après je suis resté 12 ans dans l’aéronaval et j’ai fait le tour du monde plus d’une fois."
Par la suite, celui que l’on surnomme Flamby parce qu’il vomissait lors des exercices de voltige rejoint la Sécurité civile. Il découvre le sentiment indescriptible de pouvoir sauver des vies.
Dans cette base, la sonnerie retentit pas moins de 500 fois par an. Que ce soit pour des personnes bloquées dans la baie du Mont-Saint-Michel, un malaise cardiaque ou un randonneur piégé à flanc de falaise, le temps est toujours compté.
Lorsque l’alerte retentit, Franck Magnier se lève sans un mot et descend à petites foulées l’escalier pour prendre l’appel. On sent que le mode action est enclenché. Son sourire a disparu. Il est concentré. La première intervention de la journée, c’est un chasseur inconscient dans un champ.
"Un soutien psychologique"
Quelques secondes plus tard, l’hélicoptère s’envole avec à son bord un médecin, un infirmier et un mécanicien opérateur de bord, le binôme de Franck Magnier.
Sur place, la victime est installée à l’arrière de l’hélicoptère. La planche à masser est active. L’équipe attend de savoir vers quel hôpital elle doit se diriger. L’hélicoptère est précieux, les CHU de Caen et Rennes ne sont plus qu’à un bon quart d’heure quand ils seraient à plus d’une heure par la route. Cette fois-ci ce sera Avranches mais en dépit de la rapidité et de tous les moyens déployés, le patient ne survivra pas. Ça fait partie du métier mais Franck Magnier ne s’y habitue pas : "On a la chance d’avoir un soutien psychologique. Ce n’est pas parce que l’on porte la combinaison qu’on devient des surhommes."
Mais il faut bien rester debout car la journée est loin d’être terminée. Après une série d’exercices d’hélitreuillage, l’équipe est de nouveau appelée en baie du Mont-Saint-Michel. Cette fois tout le groupe piégé par la montée des eaux est sauvé. L’astreinte se poursuivra toute la nuit. Franck Magnier a toujours un œil sur la météo… La pire des situations, c’est lorsque l’équipe d’urgence ne peut pas décoller pour des raisons de sécurité. Source