Les vols de l’Alouette II
lundi 15 octobre 2018
Article paru dans Le Monde le 5 janvier 1957
Les deux hélicoptères moyens Alouette II, de construction française, qui ont participé au sauvetage des aviateurs et des guides du refuge Vallot venaient du centre militaire d’expérimentation de Mont-de-Marsan. Ils ont été convoyés jusqu’à Valence par les pilotes de l’armée de l’air, puis, une fois transportés à Chamonix, pris en charge par Jean Boulet, recordman du monde d’altitude en hélicoptère et chef pilote de la société Sud-Est Aviation (ex S.N.C.A.S.E.), qui était arrivé par avion à Genève. Deux équipages furent constitués. L’un comprenait les pilotes Boulet et Petit, l’autre Henry et l’adjudant Garrot.
Ils allaient vivre une journée épuisante, mais démontrer aussi l’efficacité et la rapidité de leurs appareils.
Voici quel fut leur horaire :
9h15 - 9h45 - Les deux Alouette vont chercher l’adjudant Blanc et le commandant Santini. Le premier est conduit directement à l’hôpital.
9h45 - 10h15 - Les deux équipages s’envolent de nouveau et ramènent trois guides.
10h30 - Le plein fait, troisième voyage, qui permet de ramener les trois derniers guides.
11h30 - Jean Boulet, accompagné du commandant Le Gall, fait une reconnaissance au-dessus de l’épave du Sikorsky où sont enfermés les corps des deux alpinistes. Ils reconnaissent qu’il est impossible d’y déposer la cordée des quinze hommes qui seraient nécessaires pour ramener les corps.
En dépit de l’accident survenu au commandant Santini et à l’adjudant Blanc, l’hélicoptère a démontré qu’il était un instrument extrêmement précieux pour le sauvetage en haute montagne. On peut se demander si l’implantation en quelques centres choisis d’appareils de ce type ne permettrait pas d’éviter bien des efforts et de sauver des vies. Source Le Monde