Allan enquête sur le mystérieux crash d’un hélicoptère non identifié sur le Mont-Blanc

mercredi 11 juin 2025

En explorant le glacier des Bossons (Haute-Savoie), Allan Tramontana a découvert des débris d’un mystérieux hélicoptère dont le crash n’a jamais été répertorié.
Turbine Allison 250C20 de l'Agusta-Bell 206 - Photo Allan Tramontana Un passionné des crashs aériens du Mont-Blanc a découvert des débris d’hélicoptère qui ne correspondent à aucun accident référencé dans le secteur. Le mystère reste entier sur cet appareil et son (ou ses) occupant(s).
Une fois par mois, dès que le glacier des Bossons (Haute-Savoie) commence à fondre, c’est le même rituel pour Allan Tramontana : partir à la recherche de débris de crashs aériens. « C’est impressionnant de voir tous ces objets aussi bien conservés. La glace, c’est une capsule temporelle ! », s’enthousiasme ce policier municipal. C’est en 2017 qu’Allan tombe par hasard sur cet endroit lors d’une sortie sportive. « J’ai alors découvert l’histoire de ce glacier. En 1950 et 1966, deux avions de la compagnie d’Air India se sont écrasés sur le Mont-Blanc. Et on peut encore aujourd’hui retrouver des tas de débris », poursuit Allan.

Le fonctionnaire, historien de formation, se passionne alors pour ces trouvailles et collecte le plus d’objets Mat rotor Agusta-Bell 206 - Photo Allan Tramontana possibles pour retracer l’histoire de ces accidents. Mais en 2020, il fait une découverte surprenante. Des débris d’un hélicoptère non identifié. Et qui reste toujours une énigme malgré des années de recherches. « J’aimerais pouvoir reconstituer les faits, ça fait partie de l’histoire du glacier et de la vallée », explique Allan, qui a pu grâce à son enquête, identifier seulement le modèle de l’appareil, un hélicoptère de type Agusta Bell 206. Source


Glacier des Bossons : sur les traces d’un mystérieux crash d’hélicoptère

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MAJ 22 octobre 2025 par Allan Allan Tramontana
"Voici un retour sur l’affaire, avec (enfin) la résolution de l’énigme :

L’accident a eu lieu le 4 mai 1989 vers 15h30.
Un des morceaux de l'épave - Palonnier de l'Agusta-Bell 206B - Photo Allan TramontanaUn hélicoptère Agusta Bell 206 B Jet Ranger III immatriculé F-GDRD (msn : 8641) et exploité par la société "MAG PRODUCTIONS" décolle de l’altisurface de Mayères, vers Sallanches (74), en début d’après-midi. Le pilote et les deux occupants de l’appareil se dirigent vers le Mont-Blanc.
Poignée de la porte latérale - Photo Allan TramontanaA 4700 mètres d’altitude, à seulement 100 mètres du sommet, le pilote perd le contrôle de l’appareil et heurte la paroi (perte de puissance, "trou d’air" ou vent rabattant). Les trois occupants sont éjectés de l’hélicoptère et ce dernier dévale la pente et fait plusieurs tonneaux jusqu’au Grand Plateau (à 4000 mètres environ). L’un des passagers, Bernard Dubois décède sur le coup. Les deux autres occupants sont blessés et évacués dans la vallée par les gendarmes du peloton de haute montagne de Chamonix.

Agusta Bell 206 F-GDRD HELI ALPES et Dassault Mercure F-BTMD à la fin des années 80 (après 1984 et avant le 12 janvier1989) sur tarmac à Annecy-Meythet (74) - Photo DR Carte postale publicitaire HELI ALPESCes éléments ont été établis grâce à deux petits articles de la Tribune de Genève et en faisant un recoupement avec les registres de la DGAC, actes de décès de la victime, photographe de l’appareil avant 1989, etc. Je précise que l’appareil en question n’est pas radié du registre des aéronefs, ce qui laisse encore planer un doute sur l’immatriculation et le numéro de série, qui n’ont pas été trouvés sur le terrain. Toutefois, tous les éléments sont concordants, notamment l’aspect de certaines pièces découvertes : poignée de porte coulissante latérale (atypique), traces de peintures ; la datation de l’appareil, etc.

Concernant les raisons de la présence de l’appareil sur le Mont Blanc : l’article de La Tribune, parle d’un "stage de haute montagne". La société MAG PRODUCTIONS était une entreprise de production d’émission de télévision, la victime décédé était réalisateur de télévision, et le pilote, un producteur d’émission de télé.

Sur l’appareil : il date de 1984 et a été acquis en janvier 1989 par l’entreprise SA LOXXIA. Il a fait l’objet d’un contrat de location au bénéfice de la société parisienne "MAG PRODUCTIONS". Il aurait été repeint lors de l’achat.
Agusta Bell 206 F-GDRD HELI ALPES stationné sur la DZ de la Villa des Roses à Talloires (74) photo prise lors d'un mariage (après 1984 et avant le 12 janvier1989) - Porte coulissante latérale visible - Photo DR carte postale publicitaire HELI ALPES Cockpit avec tableau de bord, commande de pas cyclique et palonniers d'un Agusta Bell 206 - Photo DR carte postale

 Cliquez ici pour voir d’autres photos de l’épave.


30-12-2025 « Je pensais que tous les passagers avaient péri  » : le mystère de l’hélicoptère crashé au Mont Blanc enfin résolu
Après des années de recherches, un passionné de crash aérien a pu reconstituer le récit de l’accident d’un Agusta Bell, dont l’épave a été retrouvée il y a cinq ans sur le glacier des Bossons.
Qu’est-il arrivé à l’hélicoptère Agusta Bell retrouvé en morceaux au pied du glacier des Bossons, sous le Mont Blanc ? Que sont devenus ses occupants ? Ont-ils tous péri dans le crash ? Depuis plusieurs années, ces questions hantent Allan Tramontana, un Haut-Savoyard passionné par les accidents aériens du Mont Blanc.
Cela fait huit ans qu’il sillonne le front de l’imposant glacier surplombant Chamonix, principalement à la recherche d’objets disséminés par deux crashs d’avion de ligne survenus sous le toit de l’Europe. Il y eut d’abord le Malabar Princess en 1950 (48 morts) puis le Boeing 707 surnommé Kangchenjunga, en 1966 (117 morts). Triste ironie de l’histoire, ou malédiction diront certains, les deux appareils appartenaient à la même compagnie, en l’occurrence Air India.
Les épaves et tout ce qu’elles contenaient ont été emprisonnées par la neige, devenue glace à plus de 4 000 m d’altitude. Comme le glacier s’écoule telle une très lente rivière, sous l’effet de son propre poids, les débris qu’il renferme se retrouvent plusieurs décennies plus tard à l’air libre, à 1 800 m d’altitude, là où le glacier fond en été.

L’hypothèse d’un appareil italien
Au fil de ses recherches, Allan Tramontana découvre des valises diplomatiques, des documents top secret de l’époque de la Guerre froide, des bobines de microfilm de la Nasa qui observait des satellites russes depuis l’Inde, et même une lettre d’amour portée par l’un des passagers. Mais il y a cinq ans, ce policier municipal de 43 ans tombe sur des morceaux de carlingue qui ne collent pas avec les avions d’Air India. Ce sont les restes d’un hélicoptère d’origine inconnue.
Nous avions pu les voir sur place, en mai, en suivant l’archéologue amateur dans le chaos de glaces des Bossons. Après une randonnée technique pimentée par quelques pas d’escalade, apparaissait enfin le moteur du rotor. « Regardez, on voit bien un numéro, ça pourrait être un indice ! », pointait du doigt Allan Tramontana en retournant le lourd bloc métallique, en excellent état de conservation.
Malgré cet élément, impossible de connaître l’histoire de ce mystérieux hélicoptère de la marque Agusta Bell, échoué sur ce flanc du Mont Blanc et datant vraisemblablement des années 1980. « J’ai contacté des locaux, des passionnés de crashs sur Internet, lu des ouvrages sur les accidents au Mont Blanc, mais rien. J’ai envoyé deux courriers l’an passé au Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile (BEA), restés sans réponse », désespérait Allan Tramontana.
L’historien de formation avait néanmoins une hypothèse privilégiée, soupçonnant un appareil italien après avoir retrouvé une porte de l’aéronef : « C’est un modèle particulier avec une poignée conçue pour être ouverte avec des gants. On les retrouve surtout sur des modèles de l’armée ou des carabiniers italiens. » La réponse se trouvait-elle de l’autre côté de la frontière ?

Dans les archives d’un journal suisse, la trace d’un crash le 4 mai 1989
La parution de notre premier article sur le mystère de l’Agusta Bell du Mont Blanc éveillera la curiosité d’autres passionnés, qui orienteront alors les recherches d’Allan vers une autre piste. Un étudiant de Lausanne nous contacte d’abord car il a modélisé l’écoulement du glacier des Bossons, ce qui permettrait de dater précisément le crash.
Mais le tournant des recherches va venir d’un autre Helvète, grand amateur d’hélicoptères. « Un Suisse m’a écrit pour me dire qu’il avait retrouvé dans les archives du quotidien de la Tribune de Genève la trace d’un crash du 4 mai 1989 qui pouvait correspondre », raconte Allan Tramontana, en nous montrant des coupures de presse de l’époque.
En voici un extrait : « Pour une raison inconnue, l’appareil a heurté la face nord du Mont-Blanc à environ 4 700 m d’altitude, au lieu-dit Les Rochers rouges. L’appareil a fait plusieurs tonneaux et a dévalé sur plusieurs centaines de mètres en direction du Grand Plateau (4 000 m). Les occupants ont été éjectés. » Il est également précisé que l’hélicoptère appartenait à la société parisienne Mag Productions, spécialisée dans l’audiovisuel.
« J’ai donc délaissé l’Italie pour farfouiller le site de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), où l’on retrouve bien la trace de cet hélicoptère, loué à cette entreprise cette année-là », explique Allan, qui semble enfin toucher au but.

« J’ai cherché à joindre les survivants, sans succès »
En recoupant cette information avec les avis de décès de Chamonix et le témoignage du gestionnaire de l’altisurface de Mayères, près de Sallanches (Haute-Savoie), il peut enfin reconstituer le récit du crash. « Le 4 mai 1989, un Agusta Bell 206 B Jet Ranger III immatriculé F-GDRD décolle avec à son bord le pilote et deux passagers en route vers le Mont-Blanc. À une centaine de mètres du sommet, l’appareil perd soudainement le contrôle — peut-être à cause d’une perte de puissance, d’un trou d’air ou d’un vent rabattant — et heurte la paroi. L’un des passagers, Bernard Dubois, 42 ans (de la société Mag Productions), décède sur le coup. Les deux autres sont secourus et évacués par les gendarmes du Peloton de haute montagne de Chamonix. L’hélicoptère participait à un stage de pilotage en haute montagne ».
Le pilote n’a été que légèrement blessé. Il s’agit de Marc Gurnaud, 33 ans au moment du crash, et bien connu du monde de la télévision pour avoir travaillé pour l’émission « La chasse au trésor » dans les années 1980. Marc Gurnaud était aussi un ami du célèbre animateur Philippe de Dieuleveult et avait participé à la dramatique aventure « Africa Raft », durant laquelle ce dernier a disparu.
Avant cet épisode tragique, Gurnaud et De Dieuleveult avaient aussi tourné un documentaire sur les pilotes d’hélicoptères du Mont Blanc, appelé « En limite de puissance » (1984). Quant au second rescapé, il s’agit de « Margareth Bojezyk », 30 ans en 1989.

« Je pensais que tous les passagers de l’hélicoptère avaient péri, avoue Allan Tramontana. C’est un miracle de survivre à cela lorsqu’on imagine la violence d’un crash en haute montagne. J’ai cherché à joindre les survivants pour avoir leur version de l’histoire, sans succès ». Le chercheur d’épaves aériennes est néanmoins satisfait d’avoir pu lever le voile sur le mystère de l’Agusta Bell. « Je vais pouvoir tourner cette page et poursuivre mes autres recherches. Mon objectif est de retrouver la boîte noire du Boeing de 1966. Elle doit être quelque part sous nos pieds là-haut. » Source

Messages

  • Bonjour,
    Au regard de tous vos éléments, et d’après l’ia, il est probable que ce soit l’appareil d’ Esercito Italiano – MM80918 (E.I.650), puisque c’est celui listé en gris métal avec cabine verte, et dont l’historique de retrait est incomplet.
    Pour confirmer, Agusta / Leonardo (archives à Vergiate, Italie) possède les delivery cards liant un moteur/transmission à une cellule (c/n 9172 par ex.).
    Cordialement,

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